Action pour la solidarité et le développement (ASODEV)
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KINSHASA
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO CONGO
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site mis à jour le 27/8/2003

RAPPORT CIRCONSTANTIÉ DE LA ZONE DE SANTÉ DE BOSOBOLO (DE JANVIER A SEPTEMBRE 2001)

I. INTRODUCTION

Le présent rapport concernant la zone de santé rurale de Bososolo expose la situation générale des trois premiers trimestres de l'année 2001, en terme des priorités sur le plan de la santé publique. Celui-ci ne constitue pas un rapport détaillé des différentes activités entreprises pendant la même période. En adressant ce rapport, nous croyons comme professionnel de la santé sur terrain, plaider en faveur de la population en détresse de Bosobolo auprès des organismes spécialisés dans le domaine humanitaire.
La zone de santé rurale de Bosobolo est l'une des 6 zones de santé que compte le district sanitaire du Nord Oubangi, à savoir : ZS de GBADOLITE, BOSOBOLO, LOKO, KARAWA, WAPINDA et BUSINGA.
A l'exception de Bosobolo et de la zone de santé de Gbadolite, les 4 autres sont prises en charge par les confessions religieuses (catholiques ou protestantes) qui ne cessent de les soutenir du point de vue curatif,
préventif et promotionnel.
Comme on le voit, la population de Bosobolo a besoin d'un appui sous forme de projet pour permettre un développement durable des services de santé.

II. DONNÉES GÉNÉRALES

a) Données géographiques

La zone de santé rurale de Bosobolo est délimitée :

  • au Nord : par la rivière Oubangi, qui la sépare de la République Centrafricaine (R.C.A.),
  • au Nord-Est par la zone de santé de Loko,
  • au Sud-Ouest : par la zone de santé de Karawa,
  • à l'Est : par la zone de santé de Gbadolite,
  • à l'Ouest : par la zone de santé de Zongo.

On y distingue deux saisons :

  • la saison sèche qui dure 6 mois, de janvier à juin,
  • la saison des pluies qui dure 6 mois, de juillet à décembre.

Le relief est montagneux. Le sol est argileux et très fertile. Sa superficie est de 13.277 Km².

b) Données démographiques

Le territoire administratif de Bosobolo compte une population estimée à 200.000 Habitants dont 174.000 habitants représentent la zone de santé de Bosobolo (Enf. 0-11 mois (4%), Enf. 0-59 mois (20%), Femmes en âge de procréer (21%)). La population est subdivisée en plusieurs tribus. Celles-ci cohabitent paisiblement depuis des longues années. Cependant, à la suite des événements qui ont secoué la ville de Bangui au mois de mai 2001, les contrecoups qui se sont suivis ont poussé une partie des populations de la tribu Yakoma à traverser la rivière Oubangi, pour s'y réfugier et garder la vie sauve. Au mois de juillet à Août de l'année en cours, les services de
l'administration avaient recensé 500 réfugiés contre 2000 au début du mois de novembre.

c) Données économiques

1) Agriculture & Élevage

L'agriculture est la principale activité économique de la zone de santé de Bosobolo. La fertilité du sol est scandaleuse. Elle est à l'origine des
espoirs des agriculteurs. Pour illustration, pendant cette période particulière que traverse notre pays, des paysans expérimentent favorablement les cultures de raisin, la pomme de terre et des oignons. Ne parlons plus de haricot que les paysans produisent abondamment de octobre à décembre. Suite à la guerre, les paysans ont perdu leur élevage du gros et petit bétail. Et c'est à peine que la population se remet à l'élevage. Sans appui, cela prendra des longues années pour atteindre le niveau d'autrefois.

2) Voies de communication

Les voies de communication sont constituées des routes, des aérodromes et de la rivière Oubangi. Les routes abandonnées depuis longtemps sont dans un état de délabrement avancé. Et les aérodromes sont totalement impraticables. Faute des moyens de transport par suite des pillages ainsi du manque des pièces de rechange, les jeunes paysans ainsi que les écoliers utilisent les vélos ou les brouettes chargées et en majorité les pieds pour parcourir 200 Km qui séparent Bosobolo de Zongo afin de vendre une infime partie de leur production et ne gagner ensuite au maximum que 10 $. Ceci aggrave la misère de la population en terme de manque des moyens financiers pour couvrir leur besoins fondamentaux (habillement, soins médicaux et l'éducation des enfants...). Une seule phonie de la communauté protestante CEUM est disponible à GOYONGO, situé à 19 km du chef lieu du territoire.

d) Données Socio-Culturelles

Les églises dominantes sont l'église catholique, protestante et dans une moindre mesure Kimbanguiste. Les écoles des réseaux officiel, catholique et protestante couvrent toute la zone de santé. Cependant, il se pose les problèmes de manque de motivation de personnel enseignant (1 $ à la fin du mois), de pénurie de personnel qualifié aggravée par l'abandon de la profession par des enseignants qualifiés en quête des emplois plus lucratifs, de rareté des manuels classiques, de l'augmentation du taux de la déperdition scolaires à cause des manques des moyens financiers des parents pour habiller les enfants et verser les frais scolaires aux écoles.
Des nombreux enfants qui ont abandonné les écoles sont encouragés par les parents à cultiver les champs dont les produits de vente ne rapportent pas grand chose. Comme on le voit, c'est un cercle vicieux où la misère prépare le lit à l'analphabétisme qui renforce la misère.

e) Données sanitaires

1) Structures

La zone de santé rurale de Bosobolo se compose de :
- 1 bureau central
- 1 hôpital général de référence de Bosobolo (de 160 lits)
- 1 hôpital de Bili ( de 60 lits)
- 26 centres de santé dont 21 opérationnels et 3 centres de santé de références (Bili, Pandu, Bubanda).
On y compte deux médecins dont un médecin chef de zone de santé et un médecin directeur de l'hôpital de Bili.

2) Endémies locales

  • Paludisme + anémie.
  • Schistosomiase ( à capsa Bolo).
  • Filariose (dont l'onchocercose prédominant le long de la rivière Oubangi).
  • Malnutrition.
  • Parasitose intestinale.
  • Maladies de l'enfance : rougeole, coqueluche...

    3) Epidémie observée au cours des 2 premiers trimestres

Une grosse épidémie de la rougeole à sévi à Bosobolo de septembre 2000 jusqu'à avril 2001. Elle a frappé 375 enfants dont 37 décès. La tranche d'âge concernée était de 7 mois à 16 ans, avec un pic dans la tranche de 12-59 mois. Pour rappel, les dernières vaccinations opérées à Bosobolo remontent à
1995. Voilà pourquoi, fautes des activités soutenues de vaccination, la population de Bosobolo constitue un réservoir des maladies endémo-épidémiques dans le district sanitaire du Nord Ubangi.

4) Partenaires de la zone de santé de Bosobolo

Pour l'année en cours, la zone de santé a bénéficié des appuis de : MSF-B, Gouvernement congolais, OMS et L'UNICEF, MEMISA.
MSF-B est intervenu de mars à avril 2001 pour combattre l'épidémie meurtrière de la rougeole à Bosobolo. Et c'est en exécution à son programme des urgences que MSF-B avait déployé des gros moyens, tant humain que logistiques pour arriver à vacciner les enfants contre la rougeole. Ceci avait permis de vacciner 90% d'enfants non atteints cliniquement. En son temps, la population a eu à exprimer toute sa gratitude à l'ONG, MSF-B. Il s'agit ici d'un appui d'urgence et non structurel.
Outre ce qui est dit ci-haut, la zone de santé a bénéficié au second trimestre 2001 d'un appui en médicaments, don de l'Echo, par le canal de l'ONG MEMISA. L'arrivée des médicaments au moment où la population n'y espérait plus, a redonné espoir et soulagement. Les prix sociaux pratiqués permettent aux nombreux malades d'accéder aux soins de santé. A cause des avantages liés au bas prix pratiqué, les médicaments arrivent rarement à
l'échéance des six mois pratiquer suite à l'afflux des malades. Et de l'autre, le personnel travaillant énormément pour des maigres primes.

III. PROBLÈMES DE SANTÉ PRIORITAIRES

  1. Absence d'appui structurel limité dans le temps sous forme de projet.
  2. Sous-qualification de la majorité du personnel qui est peu motivé.
  3. Abandon de PEV de routine suite à la rupture de stock de vaccin depuis plus de 1 an et le manque de matériel de chaîne de froid. Ceci à comme
    conséquence la flambée des épidémies des maladies de l'enfance et la mortalité élevée infantile due à l'abandon des activités de vaccination.
  4. Manque de moyen de transport du médecin chef de zone de santé pour mieux exécuter les activités.

IV. PROPOSITIONS DES SOLUTIONS

  1. Nous sollicitons auprès des intervenants spécialisés dans le domaine de la santé, d'appuyer la zone de santé sous forme de projet bien fixé dans le temps. Se faisant ceci pourra permettre le développement durable et harmonieux des activités de santé dans cette partie de la république.
  2. Appuyer la formation continue du personnel en vue d'améliorer la qualité des soins et rationaliser la gestion des médicaments (à raison de 2
    formation/an).
  3. Relancer les activités PEV de routine grâce à la mise à la disposition de la zone de santé de matériel de chaîne de froid ainsi que la Kérosène et
    du moyen de transport au bureau central pour favoriser la réquisition de vaccin et la supervision. Il convient cependant de signaler que le gouvernement congolais en accord avec l'OMS et l'UNICEF ont appuyé la zone santé lors des JNV 2001 au point de vue financier, formation et logistique. Qu'ils trouvent ici toute notre gratitude. Comme détaillé ci-haut, les différentes interventions sont ponctuelles. Et c'est ainsi que nous appuyons la décision du gouvernement par le biais du ministère de la santé publique de cession de la gestion de la zone santé à l'ONG ASODEV en espérant qu'elle bénéficiera de l'attention des agences humanitaires qui lui accorderont des moyens nécessaires pour lui permettre de relever le défi.

Fait à Kinshasa, le 12/11/2001
Médecin Inspecteur de District du Nord Ubangi
Dr José NDUKAPELE