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RAPPORT DE MISSION SUR L’ÉPIDÉMIE
DE GRIPPE DANS L’AIRE DE CENTRE DE SANTÉ DE RÉFÉRENCE
DE BILI (ZONE DE SANTÉ RURALE DE BOSOBOLO)
I. BUT DE LA MISSION
- Constatation et évaluation sur le terrain.
- Apporter un premier secours d’urgence accordé par MSF
France basée à Gbadolite constitué en :
- 4 Boïtes Cotrimoxale
- 10 Boîtes procaine pénicilline forte
- 100 Flacons eau distillée
- 100 Pièces seringues
- 100 Pièces aiguilles 19 g
- 100 Pièces aiguilles 21 g
II. PÉRIODE
DU 14 AU 15/11/2002
III. LIEU
Dans la zone de santé rurale de Bosobolo, axe centre de santé
de Mbida, centre de santé de référence de Bili et
centre de santé de Kelo
IV. COMPOSITION
- Abbé Oswald BAGAZA BALA, Administrateur Directeur ASODEV
- Mr Christophe GBALUA NAKOLO, Inspecteur médical à l’Inspection
médicale du Nord Ubangui et marie de Gbadolite
V. DESCRIPTION DU TERRAIN
- Bili est un centre de Santé de référence, situé
à 52 km du bureau central de la zone de santé.
- Kelo est un centre de santé situé à 15 km du
centre de Santé de référence de Bili vers le bureau
central de la Zone de Santé de Bosobolo.
- Mbida est un centre de santé situé à 15 km au
delà de Bili vers le centre de santé de Gbagaembo.
VI. SYMPTÔMES DOMINANTS
- Toux et Rhinorrhée.
- Fièvre très élevée jusque même
à 40°C.
- Asthénie.
- Anorexie.
- Frisson et céphalée permanentes.
- Polyathralgie.
VII. COMPLICATIONS MAJEURES
Pneumopathie, déshydratation et décès.
VIII. RÉSULTATS
- Centre de santé de Mbida (du 3/10 au 13/11/2002) : 37 cas
reçus et 24 décès dont 16 enfants et 8
adultes.
- Centre de santé de référence de Bili (du 5/10
au 12/11/2002) : 96 cas de décès dont 37 enfants et 59
adultes.
- Centre de santé de Kélo (du 10/10 au 14/11/2002) :
375 cas reçus et 25 décès dont 10 enfants et 15
adultes.
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Remarque : Il y a un total de 153 décès. Ce
nombre ne concerne qu’une distance de 30 km entre Mbida et
Kelo en passant par Bili pour les rares patients qui se sont présentés
dans les centres de santé et que nous avons vérifié..
Or il sied de signaler ici que pour diverses raisons (cf paragraphe
IX), beaucoup de malades ne se sont pas présentés
dans leurs centres de santé respectifs. Qui plus est, nous
ne nous sommes pas rendus plus loin où l’épidémie
a commencé, sévit encore et où l’on déplore
le même désastre. Il s’agit des axes suivant
:
- Pandu - Dula : 200 km sur la rivère Ubangui,
- Bili - Pandu : 123 km par route,
- Bili - Dula : 75 km par route,
- Bili -Gbangi : 62 km par route,
- Bili - Gbagaembo : 40 km par route.
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IX. CAUSES LOINTAINES
Cette épidémie a trouvé dans la vulnérabilité
de la population une opportunité pour les raisons suivantes :
- Un grand ralentissement des Activités des Soins de Santé
Primaires si souvent stigmatisé par le Bureau central de la Zone
de Santé, par l’Inspection médicale, par les MED
OMS et récemment confirmé par la mission exploratoire
des Nations Unies conduite dans la première quinzaine d’octobre
2002 par l’OCHA. On peut relever ici l’arrêt de PEV
de routine depuis plus ou moins 7 ans qui a entraîné aussi
l’arrêt de la surveillance épidémiologique
avec comme conséquences la recrudescence des certaines épidémies
jadis éradiquées et l’éclosion des maladies
à potentiel endémique.
- Problèmes d’accessibilité aux soins : pénurie
de médicaments de première nécessité et
autres consommables d’une part et faible pouvoir d’achat
des populations ne leur permettant pas de fréquenter les installations
sanitaires d’autre part.
- Démotivation du personnel médical qui n’est pas
payé.
X. CONTRAINTES
- Mauvais état des routes.
- Manque de moyens de supervision.
- Le centre de santé de Bili ne nous a pas fourni la statistique
des cas recensés pour des difficultés d’ordre logistique,
mais a promis de faire suivre dans le meilleur délai
XI. SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS
- Sollicitons une intervention urgente à la mesure de l’ampleur
de la catastrophe.
- Recommandons une couverture totale immédiate des aires de
Santé touchées citées et des mesures préventives
pour arrêter la propagation de l’épidémie
dans le reste de la Zone de Santé.
- Eriger déjà une ceinture à Bososama et à
Ndubulu où l’on signale déjà une dizaine
de cas recensés pour sécuriser respectivement les axes
Bili- Bosobolo et Bili- Gbadolite.
- Doter le Superviseur épidémiologiste de la Zone de
Santé rurale de Bosobolo d’un moyen de transport pour lui
faciliter une bonne surveillance épidémiologique.
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