Association loi 1901 N°0142012655 (SIRET 501 387 476 00010 - APE 9499Z)
63 rue des Huguenots, 51200 EPERNAY, FRANCE 
Autorisation N°154/MATCL-DNI du 11 juillet 2008
d'association étrangère à but non lucratif au MALI 
  • Responsable Martine LECAMUS cadre de santé au SSIAD de MÉZIDON-CANON
Mission au Centre Hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg » à BAMAKO du 29 septembre au 12 octobre 2002
  • Objectifs de départ (donnés par Mme Martine LECAMUS, responsable du projet) :
    • Désinfection du matériel à lʼeau de Javel avant la stérilisation.
    • Objets pointus ou coupants, souillés mis dans des bouteilles en plastique avant lʼincinération.
    • Utilisation des gants, le plus souvent possible.
    • Lavage des mains après chaque soin.
    • Rangement de la salle de soins.
    • Propreté des sanitaires communs.
  • Objectifs locaux (donnés par le Dr Sory TRAORÉ, directeur du Centre Hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg » à BAMAKO) :
    • Hygiène des locaux.
    • Transmissions écrites.
    • Rôle et place de chacun, étude du planning journalier et prévisionnel ; les acteurs sont la surveillante, les infirmiers, les aides-soignants, et les agents du ménage.
En fait, jʼai pris les problèmes comme ils venaient, en tenant compte des moyens mis à notre disposition, des habitudes locales, et de la culture malienne.
  • Dossiers, transmissions, surveillance post-opératoire
    • Objectifs :
      • Utiliser les feuilles existantes ; au retour de chaque bloc, mettre une feuille dans chaque chambre pour chaque opéré, noter ce que lʼon voit au réveil (pouls, coloration, respiration, agitation, pas la tension car pas de tensiomètre), noter lʼheure de passage, et passer tous les quarts dʼheure jusquʼau réveil complet.
      • Faire remplir au médecin la feuille de prescription, la laisser dans le dossier carton. Essayer de faire participer les parents, en leur expliquant la finalité des soins post-opératoires (cette action a pu être réalisée grâce à la gentillesse et à lʼaide du personnel malien de lʼhôpital). A la sortie du malade, récupérer les feuilles dans les chambres, les joindre au dossier carton, et le faire parvenir dans la journée au secrétariat. Insister sur la responsabilité éthique de chacun, même si cʼest quelque chose qui leur paraît “hors du temps” pour lʼinstant.
    • Problèmes rencontrés :
      • Les feuilles de surveillance et de prescriptions sont enfermées sous clef chez la surveillante.
      • Difficultés avec les médecins maliens, qui ne remplissent pas les dossiers en temps et en heure. Avec des prescriptions faites sur une multitude de feuilles volantes.
      • En ce qui concerne la surveillance post opératoire, bonne volonté des infirmiers du rez-de-chaussée qui ont fait de leur mieux ; ils savent être efficaces mais sont trop dérangés pour effectuer les soins du 1er étage.
      • Je pense quʼil existe un manque de clarté, dans le rôle de chacun, qui fait quoi ou qui ne fait rien !!! Lʼencadrement est présent dans lʼhôpital, sachant faire et bien, ayant bien cerné les problèmes, mais complètement inexistant, pourquoi ??? Dommage, car chacun a sa place et fait son travail sérieusement lorsquʼon lui demande. Il manque juste un coordinateur.
  • Rangement et ménage de la salle de soins
    • État des lieux : la salle de soins se compose dʼun lavabo, dʼune paillasse de 2 m, dʼune petite table en milieu de pièce, dʼune chaise et dʼun lit de soins. La pièce fait environ 15m2. Derrière la porte, un porte-manteau est fixé au mur, cette pièce sert aussi de vestiaire aux infirmiers.
    • Problèmes rencontrés :
      • Une étagère sous la paillasse serait bienvenue pour poser les dossiers, ce qui la libérerait.
      • Un nettoyage de la pièce y compris des murs nʼa été fait quʼune fois en 15 jours et ce après maintes demandes. Il a eu lieu le dimanche, car il y a moins de soins, je pense que lʼidée est bonne et quʼil faudrait que ce soit fait tous les dimanches. Pour le reste, après chaque pansement, nous désinfections le lit et la table à la Javel, je nʼai pas réussi à savoir à quel moment était lavé le sol !!! Je pense que lʼaprès midi, qui est souvent moins chargé, lʼentretien courant de cette pièce pourrait être pris en charge par lʼaide soignant. Ce qui permettrait dʼavoir un endroit agréable (sans fourmis, araignées...) et propre pour travailler avec un minimum dʼasepsie.
  • Désinfection du lit et de la table de nuit après le départ de chaque patient et pose dʼun drap propre
    • Utilisation des draps difficiles pour plusieurs raisons :
      • Lavage du linge à la main donc renouvellement lent.
      • Déblocage dʼune quantité correcte de draps par la surveillante seulement la 2ème semaine.
      • Les familles ne connaissent pas toujours lʼutilisation du drap, on le retrouve bien souvent en boule au fond du lit ou par terre.
    • Les aides-soignants et les agents du ménage ne se sentent pas concernés par la propreté des chambres, peut être faudrait-il, là aussi, responsabiliser lʼaide-soignant.
  • Essayer de faire prendre conscience que la douleur doit être prise en compte même si les moyens sont faibles
    • Enlever les pansements doucement, décoller à lʼeau si besoin, pour cela garder les solvants qui ne servent pas.
    • Gestes doux.
    • Ne pas être trop invasif.
    Je pense que pour ce sujet, il y a un problème plus de culture, que de mauvaises intentions. La douleur faisant partie de la vie, elle nʼest pas prise en compte dans le soin.
  • Vider la poubelle de la salle de soins plusieurs fois par jour surtout après les pansements très sales et la nettoyer à la Javel à chaque fois
    Lʼobjectif a été atteint, mais la poubelle nʼest pas pratique, puisque cʼest une corbeille à papiers avec des trous partout. Jʼai demandé à la direction lʼachat dʼun seau simple, qui serait facile à nettoyer, propre, car la poubelle sert de haricot pour certains pansements sales, et les éclaboussures ressortent par les trous. Il serait utile dʼen mettre une aussi dans la salle de consultations au 1er étage, qui serait vidée tous les soirs, en même temps que le ménage de la pièce est fait, ce qui éviterait que les papiers ne soient jetés au sol, la pièce serait certainement plus agréable au moment des consultations.
  • Changer lʼessuie main tous les jours et ne pas stocker de linge sale dans la salle de soins
    A la fin de la 2ème semaine, lʼessuie main est changé tous les matins par lʼaide-soignant, qui en a même prévu un dʼavance. Il nous a prévu aussi quelques draps propres dʼavance. Pour le reste, tout ce qui a été mis en route a été suivi, il faudrait juste comme je lʼai demandé à Monsieur le Directeur, que le savon pour se laver les mains ne soit pas dilué, et quʼil y ait un peu plus de gants mais, pour ces derniers, je sais que cela est difficile compte tenu du coût.
Il a été possible de réaliser des actions intéressantes avec les moyens offerts, grâce à la gentillesse et lʼenvie de progresser de lʼéquipe du rez-de-chaussée. Il est dommage, pour la poursuite de lʼaction, que lʼencadrement se soit peu intéressé à ce qui a été entrepris. On ressent un manque de motivation des infirmiers dû à ce désintérêt et au manque de reconnaissance par rapport au travail fait.
Jʼai trouvé une équipe qui a envie de progresser, qui coopère facilement, à laquelle il est facile de sʼintégrer. Les Maliens sont très accueillants ; les Français ont sans doute des leçons à prendre... Grâce à eux, jʼai aussi appris des choses sur lʼhumilité, la gentillesse, apprendre à faire beaucoup avec peu et que, dans le dénuement, lʼhumour est toujours là. Jʼai été agréablement surprise par le MALI et les Maliens. Je remercie aussi lʼéquipe française grâce à laquelle jʼai passé 15 jours enrichissants et merveilleux.
  • Maryse PERNEY infirmière au Centre Hospitalier de FALAISE