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Mission au
Centre Hospitalier Régional « Sominé Dolo » de MOPTI du 19 au 25 janvier 2009
Après un vol PARIS-MOPTI mouvementé (départ en retard, problème de kérosène lors de l’escale en Algérie et escale supplémentaire à GAO - 538 km de notre arrivée - à cause des vents violents au-dessus du SAHARA), nous arrivons enfin à MOPTI où nous attendent nos amis de BAMAKO Hamady TRAORÉ et Badda MAÏGA. Nous sortons de l’aéroport sans encombre pour arriver à la maison des hôtes du gouverneur où nous logerons toute la semaine.
Une courte nuit et nous débutons notre semaine par la rencontre avec les responsables du
Centre Hospitalier Régional « Sominé Dolo » de MOPTI et notamment le Directeur qui nous accueille dans son bureau dès notre arrivée à l’hôpital. Il nous invite également a aller rendre visite au gouverneur dans la journée.
Visite rapide des locaux avant de débuter les consultations. Celles-ci se déroulent dans un cabinet dentaire de façon organisée (appel des patients qui se sont inscrits dès leur arrivée). Les consultations ont été moins denses et se sont terminées plus tôt que les années passées. Le fait de voir moins de patients en consultation permet d’opérer quasiment tous les patients vus. Nous n’avons pas eu à dire aux personnes « notre programme opératoire est complet » et les voir repartir déçus alors que certains font plusieurs journées de voyage ; psychologiquement, cela permet de mieux appréhender le séjour.
15 patients sont donc programmés sur 4 jours et sur une salle d’intervention. Pour effectuer les soins, j’ai eu à ma disposition un cabinet dentaire. J’ai effectué les pansements dans de bonnes conditions : les patients étaient bien installés et j’avais un bon éclairage pour réaliser les soins. J’avais disposé tout le nécessaire à pansement et les médicaments sur un lit présent dans la pièce. La seule contrainte était que le cabinet est juxtaposé à un autre cabinet dentaire en activité et, dans la crainte du vol, il fallait fermer la porte d’où la recherche des clefs qui pouvait durer car l’hôpital est pavillonnaire.
L’organisation type d’une journée était :
Visite de tous les patients dans leur chambre,
Pansement et remise du traitement pour 24 heures, au cabinet dentaire,
Visite des retours de salle d’opération dans leur chambre et préparation de leurs médicaments pour 24 heures,
Transmission à l’infirmier(ère) de garde.
Cette organisation a été facilitée grâce à la présence régulière les derniers jours d’un brancardier qui allait me chercher les patients dans leur chambre et les amenait au cabinet dentaire. Il attendait que j’effectue les soins (soins de nez, soins de bouches, réfection de pansement avec décroutage), que je donne le nécessaire pour les soins de bouche et/ou de nez ainsi que les médicaments et il ramenait le patient dans son lit. Les patients étaient en majorité hospitalisés au premier étage du pavillon pédiatrique qui se situe en face du cabinet dentaire. En fin de séjour, la capacité d’accueil étant atteinte en pédiatrie, les patients étaient hospitalisés au pavillon chirurgie, beaucoup plus loin.
Un grand merci également au dentiste qui travaille dans le cabinet à côté de moi et qui m’a aidé en traduisant les consignes par rapport aux prises de médicaments, car certaines familles ne parlaient pas du tout français.
La charge de travail pour une infirmière était correcte mais la difficulté était dans l’isolement géographique. En effet, de par sa structure pavillonnaire, je n’était pas à côté du bloc opératoire pour effectuer les soins et lorsque j’avais besoin d’un avis sur un pansement, il fallait du temps pour qu’un chirurgien vienne (première difficulté trouver quelqu’un pour aller au bloc, deuxième qu’il comprenne la demande…). Pour une mission de découverte nous sommes partis à effectif réduit mais je ne sais pas s’il ne faut pas partir en binôme par catégorie professionnelle.
Le contact avec les soignants locaux fut bon, par contre il fallait aller vers eux pour effectuer les transmissions. Les soins étaient, en général, effectués la nuit comme je leur transmettais. Je n’ai pas pu travailler avec des infirmiers(ères) du centre hospitalier cette année, ce qui est logique pour une première mission. De plus, leur charge de travail, en dehors des patients hospitalisés pour la chirurgie maxillo-faciale, semblait importante. Il faudra voir pour la prochaine mission les possibilités de travail en commun avec le personnel paramédical.
Autre problématique qui doit nous amener à nous poser la question d’opérer les patients sans familles. En effet, un patient est venu se faire opérer tout seul. Une fois installé dans sa chambre après son intervention, celui-ci a eu un réveil agité et est tombé du lit, heureusement sans conséquence. Le lendemain, reprise de l’alimentation, il n’a personne pour lui préparer à manger. Si nous ne lui avions pas apporté, ce patient n’aurait pas mangé.
Sur le plan de l’hygiène, il y a vraiment une bonne dynamique. Même si les points d’eau ne sont pas équipés de savon liquide (présence de pain de savon) et les essuie-mains ne sont pas changés régulièrement, on retrouve au bloc opératoire, à côté du lavabo, le protocole du lavage chirurgical des mains. Il y a également une volonté à faire respecter les circuits au bloc opératoire avec présence de sabot à l’entrée du bloc. Le vestiaire nécessite quelque aménagement (ex : aucun support mural). Globalement, l’entretien des locaux est respecté. Les poubelles sont évacuées tous les jours. Présence de boîtes à aiguilles sur les plans de travail.
Hamady TRAORÉ m’a demandé en début de mission de réaliser un cours sur l’hygiène au bloc opératoire, le directeur étant aussi très demandeur. Malheureusement, ne le sachant pas, je n’avais rien préparé en France avant de venir et je n’ai donc rien présenté cette année. Par contre, j’ai rencontré un jeune ingénieur sanitaire de l’hôpital et nous avons pu échanger ensemble. Il était surtout intéressé par des informations sur la prise en charge des déchets. Je lui ai transmis différentes adresses de sites Internet utiles en hygiène hospitalière.
Cette première mission à Mopti est pleine d’espoir pour les prochaines missions. Je tiens à remercier toutes les personnes localement qui ont permis que ce séjour se passe sans encombre. Une pensée aussi à la cuisinière pour ses bons plats.
Normalement, pour ma part, mon chemin s’arrête ici. Je tenais tout particulièrement à remercier Hervé BÉNATEAU qui m’a fait confiance et qui m’a permis de réaliser un de mes désirs. Merci également à toute l’équipe sans qui ces quatre missions n’auraient pas pu être ce qu’elles ont été.