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Autorisation N°154/MATCL-DNI du 11 juillet 2008
d'association étrangère à but non lucratif au MALI 
Congrès Bamako 2008
2ème Congrès International d’Odonto-Stomatologie du MALI
BAMAKO
31 janvier au 2 février 2008
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(BELGIQUE ), (BÉNIN ), (BURUNDI ), (BURKINA-FASO ), (CÔTE D’IVOIRE ),
(FRANCE ), (GUINÉE ), (MALI ), (MAROC ), (NIGER ),
(RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO ), (SÉNÉGAL ), (TCHAD ), (TOGO )
Prise en charge primaire des fentes au CHRU de CAEN
H. Bénateau, H. Traoré, C. Paquot Le Brun, D. Cabouret, J-L. Roffé, C. Blaison
Tous les jours dans le monde, 700 enfants naissent avec une fente, soit un enfant toutes les deux minutes. La fente labio-palatine constitue l’anomalie congénitale la plus fréquente au massif cranio-facial, et la 4ème malformation congénitale toute localisation confondue. L’incidence globale des fentes est de 1/1000 naissances avec des variations raciales et géographiques (environ 1 sur 700 naissances en France).
Différents protocoles thérapeutiques existent selon les centres hospitaliers prenant en charge les enfants présentant une fente. Les dates d’interventions chirurgicales, leur séquence et les techniques utilisées varient d’un centre à l’autre. Sur 201 équipes européennes recensées dans le travail de Shaw de l’Eurocleft en 2001, 194 protocoles différents sont proposés pour le traitement des fentes unilatérales. Même si chaque équipe utilise avec conviction son protocole de prise en charge, il serait ridicule de prétendre détenir la meilleure façon de faire. Mustarde n’a–t-il pas lui-même écrit : “ There are very few surgical problems in which there is only one right way of correcting them”.
Ainsi, la présentation du protocole de prise en charge primaire des fentes au CHU de Caen permettra une discussion sur le sujet, avec revue de la littérature à l’appui.
Cette prise en charge primaire comprend un certain nombre d’interventions chirurgicales :
  • La chéïlorhinoplastie (fermeture de la lèvre et correction du nez) améliore l’aspect et la fonction du nez. Cette intervention est réalisée chez le nouveau né. L’intérêt de pratiquer cette intervention précocement est à notre avis justifié par l’importance d’une intégration socio-familiale rapide, la qualité de cicatrisation propre au nouveau né, et enfin l’aide apportée lors de l’alimentation. Le débat concernant la chirurgie précoce est ancien. La crainte est d’entraîner en opérant précocément des distorsions qui n’existeraient pas en cas d’interventions différées. Cette crainte est particulièrement forte en ce qui concerne la croissance du maxillaire. Une discussion sur ce thème sera détaillée lors de la conférence.
  • La staphylorraphie et l’uranoplastie (fermeture du voile du palais et du palais osseux). Le voile est fermé dès 6 mois pour permettre un meilleur positionnement de la langue et améliorer la déglutition, diminuer la largeur de la fente palatine et ainsi faciliter sa fermeture ultérieure, diminuer la fréquence des otites en améliorant la ventilation de l’oreille par la trompe d’Eustache. Par contre, le palais et la gencive sont fermés plus tard (entre 12 et 18 mois) pour limiter les troubles de la croissance du maxillaire supérieur.
  • La gingivo-périostéoplastie ferme la fente au niveau de la gencive et des dents, avec si possible des greffons osseux prélevés en iliaque.
  • Une consultation pluridisciplinaire incluant le chirurgien, l’ORL, l’orthodontiste et un orthophoniste se tient une fois par mois. Les enfants y sont vus annuellement entre 2 et 15 ans. Le fonctionnement et l’intérêt de cette consultation seront également détaillés.
    Le calendrier thérapeutique utilisé est le suivant pour une fente totale :
  • Avant la naissance, si le diagnostic est fait à l’échographie, rencontre avec le chirurgien.
  • Juste après la naissance, consultation néonatale avec le chirurgien et l’anesthésiste pour organiser la chéilo-rhinoplastie.
  • A 6 mois, fermeture du voile du palais.
  • Entre 12 et 18 mois, consultation ORL et programmation de la fermeture du palais.
  • A 2 ans, consultation en Chirurgie Maxillo-Faciale (suivi) et ORL (audiométrie).
  • A 3 ans, consultation multidiscipliaire pour conseils et guidance sur le plan orthophonique.
  • A 4 ans, consultation multidiscipliaire pour débuter une rééducation orthophonique.
  • A 5 ans, consultation multidiscipliaire pour un premier avis orthodontique.
  • A 6 ans, consultation multidisciplinaire avec programmation de la fermeture de la fente alvéolaire (plus ou moins greffe osseuse), ainsi qu’éventuelle pharyngoplastie ou véloplastie d’allongement.
  • Entre 7 et 14 ans, consultation multidisciplinaire annuelle ou tous les 2 ans pour bilan.
  • Entre 15 et 18 ans, rhinoplastie esthétique et chirurgie orthognatique si besoin.
  • Après avoir exposé et argumenté ce protocole de prise en charge, une discussion sera ouverte et quelques modifications seront proposées par rapport à ses possibilités d’application au Mali. Ceci est rendu possible grâce à une expérience de 6 années consécutives en chirurgie humanitaire à Bamako, ainsi que grâce à l’expérience du Dr Hamady TRAORÉ, chirurgien maxillo-Facial au Centre Hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg » à BAMAKO.
    Réflexion sur le tracé de la chéiloplastie dans les fentes labiales unilatérales en mission humanitaire
    H. Traoré, Y. Benchemam, S. Letouzé, J-F. Compère, H. Bénateau
    Une des particularités des missions humanitaires en chirurgie est leur caractère épisodique. Très souvent, cette chirurgie bénéficie à des populations, ayant une forte propension à développer des cicatrices chéloïdiennes.
    Dans ce contexte, les auteurs ont cherché une éventuelle corrélation entre l’évolution des cicatrices et le tracé des chéilorhinoplasties (Tennisson ou Millard). Les analyses sont effectuées à partir des patients pris en charge au Centre Hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg » à BAMAKO sur une période de cinq années. Le terme de cicatrice chéloïdienne ne s’appliquant qu’à des cicatrices hypertrophiques au delà d’un an, le recul pour l’analyse de notre série a été de cinq ans à un an pour les cas les plus récents.
    Reconstruction nasale par lambeau frontal. Intérêt dans les séquelles de noma
    H. Bénateau, H. Traoré, J. Nicolas, E. Soubeyrand, R. Garmi, D. Labbé, J-F. Compère
    Les auteurs rapportent leur expérience du lambeau frontal dans la reconstruction nasale. Outre les lambeaux scalpants type « Converse » utilisés pour les rhinopoïèses totales, les lambeaux frontaux médians et obliques trouvent de larges applications aux reconstructions partielles nasales. A ce titre, il font partie des armes thérapeutiques à connaître pour la prise en charge des séquelles de noma. Après en avoir exposé la technique chirurgicale, les auteurs argumenterons leur évolution qui s’est faite vers une chirurgie en 3 temps. Ce nouveau protocole a fait l’objet d’une étude, qui visait à préciser les améliorations apportées par les trois temps opératoires, en termes de qualité du résultat esthétique final.
    Seize patients ont été inclus entre juin 2002 et février 2005. La reconstruction a été faite en trois temps : premier temps de prélèvement et suture du lambeau frontal sur le site receveur, deuxième temps de dégraissage du lambeau bipédiculé (j + 15) et troisième temps de section du pédicule (j + 30). La qualité du résultat esthétique final de la reconstruction nasale a été jugée à six mois postopératoires, par le patient (satisfaction du patient sur sa reconstruction nasale [4 points]) et par l’équipe chirurgicale, en fonction de l’épaisseur du lambeau (3 points), de l’intégration des cicatrices (1 point), de la couleur du lambeau (1 point) et de la redéfinition des reliefs naturels du nez (1 point). Une note finale sur 10 a permis de juger de la qualité du résultat: très bon (note supérieure a` 8), bon (note entre 7 et 8), moyen (note entre 5 et 7) et mauvais (note inférieure à 5).
    Les 16 reconstructions nasales ont pu être conduites jusqu’à leur terme. Dix ont été jugées très bonnes (62,50 %), trois ont été jugées bonnes (18,75 %) et trois ont été jugées moyennes (18,75 %).
    L’utilisation du lambeau frontal en trois temps pour la reconstruction nasale permet d’améliorer la finesse du lambeau par un dégraissage agressif sur un lambeau pédiculé, et ainsi améliore le résultat esthétique final. La technique classique du lambeau frontal comporte habituellement deux temps, avec un dégraissage effectué lors du premier temps. Cet affinement ne pouvant être excessif en raison du risque de nécrose, le lambeau frontal nécessite souvent un autre dégraissage à distance. En utilisant la technique en trois temps, le dégraissage est fait au deuxième temps sur un lambeau autonomisé et bipé́diculé́ et permet d’obtenir l’affinement voulu sans prendre de risque excessif sur le plan vasculaire.